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Quand nous voulons changer notre enfant

  • Photo du rédacteur: Pascale Antignac
    Pascale Antignac
  • il y a 11 minutes
  • 3 min de lecture

Nous voulons le meilleur pour nos enfants.


Nous aimerions les voir heureux, confiants, autonomes, capables de trouver leur place dans le monde.

Et bien avant qu’ils ne deviennent grands, nous avons parfois déjà imaginé beaucoup de choses pour eux : leur personnalité, leurs goûts, leur façon d’être, peut-être même certains chemins qu’ils emprunteront.

Puis ils grandissent.

Et parfois, l’enfant que nous découvrons ne ressemble pas tout à fait à celui que nous avions imaginé.


L’enfant imaginé et l’enfant réel


Il est peut-être plus sensible que nous ne l’aurions souhaité. Plus réservé. Il a une personnalité très différente de la nôtre. Il ne s’intéresse pas à ce qui nous semblait important ou fait des choix que nous ne comprenons pas toujours.

Et c’est parfois là qu’avec les meilleures intentions du monde, nous commençons à vouloir le faire changer.

Pour le protéger. Pour lui éviter certaines souffrances. Parce que notre expérience nous fait penser que nous savons ce qui serait bon pour lui.

Mais est-ce toujours seulement de lui dont il est question ?


Quand nos attentes parlent aussi de nous


Derrière ce que nous aimerions changer chez notre enfant peuvent parfois se cacher nos propres attentes.

Ce que nous aurions aimé vivre. Ce que nous voulons lui éviter. Ce que nous avons appris de ce qu’un enfant « devrait » être. Ce que notre famille valorise ou considère comme important.

Et parfois aussi, l’image que nous nous étions construite de ce que serait notre enfant… et de ce que nous serions, nous, comme parent.

Sans nous en rendre compte, nous pouvons alors chercher à le rapprocher de cette image, alors qu’il est simplement en train de devenir lui-même.

Et c’est peut-être là que la relation à notre enfant nous invite à quelque chose de profondément exigeant : faire une place à celui qu’il est réellement.


Aimer son enfant tel qu’il est


La relation à notre enfant peut alors nous inviter à une forme d’amour particulièrement exigeante : l’aimer pour celui qu’il est, et pas seulement pour celui que nous aurions aimé qu’il soit.

Peut-être est-ce aussi l’un des chemins vers l’amour inconditionnel.

Accueillir sa singularité, sa sensibilité, ses choix, sa façon d’être au monde, même lorsqu’ils viennent bousculer nos attentes ou nous emmènent là où nous n’avions pas prévu d’aller.

Cela ne signifie pas tout accepter, ne plus poser de limites ou renoncer à notre rôle de parent.

Aimer inconditionnellement ne signifie pas tout autoriser.

C’est peut-être plutôt apprendre à distinguer ce qui relève de notre responsabilité de parent de ce qui appartient à notre enfant : sa personnalité, son chemin, ce qu’il deviendra.

Et parfois, l’accompagner consiste moins à lui montrer quel chemin prendre qu’à être suffisamment présent pour le laisser découvrir le sien.


Quelques questions à se poser


Lorsque nous sentons que nous voudrions que notre enfant soit différent, nous pouvons essayer de nous demander :


Qu’est-ce que j’aimerais réellement changer chez lui… et pourquoi ?


Est-ce que ce qui me dérange lui appartient vraiment, ou est-ce que cela vient toucher quelque chose de mon histoire, de mes peurs ou de mes attentes ?

Si je renonçais, un instant, à l’enfant que j’avais imaginé, qu’est-ce que je découvrirais de celui qui est devant moi ?


Peut-être que l’un des plus beaux défis de la parentalité est justement celui-ci : rencontrer l’enfant qui est devant nous, plutôt que celui que nous avions imaginé.




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